Michel Chartrand

Extraits tirés du livre: MICHEL CHARTRAND Les dires d'un homme de parole (Petite collection Lanctôt)

 

Extrait 1: Elles auraient dû savoir que Michel ne se laisse pas tasser par qui que ce soit.

 

Extrait 2: Son engagement pour le peuple est total. Du reste, en sa faveur, il a payé de sa personne chaque fois qu'il le fallait, plus quelques autre fois.

 

Extrait 3: Il m'a appris comment fonctionne le système capitaliste qui ne tend qu'à la maximisation du profit , à n'importe quel prix, quoi qu'on en dise. Il m'a appris les valeurs morales: le respect de l'être humain avec tous ses défauts et toute ses qualités. Il m'a appris que la justice ne se négocie pas. Elle existe et elle doit être la seule règle.

 

 

Paroles de Michel Chartrand:

Extrait 4: Des fois ils disent que j'exagère, que j'ai une grande gueule, que j'insulte du monde, que j'en met trop , mais je n'ai pas vu une maudite usine , un seul établissement de travail qui soit respectueux de la santé et de l'intégrité physique des travailleurs; qu'ils nous en nomme donc une, on va aller la visiter.

 

Extrait 5: Une femme de soixante ans en chaise roulante s'est fait dire par une avocate qu'elle n'était pas si mal prise que ca. Elle pouvait aller travailler en garderie. Faut-tu être assez dégénérée! Un autre malheureux accidenté s'est fait dire par un médecin que sa douleur n'était pas objective ! Moi, j'ai le respect de l'homme , puis je ne respecte pas les juges, les avocats, les médecins qui sont pouilleux. J'ai jamais pu endurer que le monde se fasse baver par eux !

 

Extrait 6: La classe ouvrière n'a pas toute la force qu'elle devrait avoir dans ce pays dominé par une dictature économique , avec une facade de démocratie politique.

 

Extrait 7: Il n'y a pas un seul juge, pas une seul gouvernement , pas une seule loi qui va m'empêcher de dire ce que j'ai à dire quand je voudrai le dire. Ma fonction c'est de prendre la part des travailleurs , de dénoncer les abus dont ils sont victimes. Comme toute dénonciation doit se faire publiquement , je parlerai à voix haute même si je dois aller en prison.

 

Extrait 8: Les juges violent le code criminel à qui mieux mieux. Le droit de grève , le droit de piquetage c'est dans le code criminel depuis 1872. On dirait que les juges ne le savent pas. Ils accordent des injonctions qui obligent les travailleurs à se tenir à 500 , à 2000 pieds de l'usine et on ne peut rien faire contre cela, sauf ne pas les respecter.

 

Extrait 9: La justice ,c'est pas sérieux. Prenez mon cas. On m'a arrêté le 16 octobre 1970 , on m'a fait comparaître le 5 novembre et on m'a gardé en prison 4 mois et maintenant on a reporté mon procès en septembre. Si la couronne n'est pas prête, on n'a qu'à renvoyer la plainte. C'est une farce...qui n'est pas drôle. Moi, on m'arrête en plein restaurant...la pègre, on l'avise par écrit.

 

Extrait 10: Plutôt que d'avoir des médecins communistes, on va nous donner de bons médecins péquistes, libéraux, de l'union nationale, des bons médecins sans politique et qui ne vous trouveront pas de maladies. Vous allez être contents. On va vous donner la sorte de médecins qui vous dira que vous n'êtes pas malades. Les médecins communistes trouvent des maladies. Ils sont 5 ou 6 toxicologues dans la province de Québec . Dr. Lacasse à Montréal , l'ordre des médecins a fait enquêter sur lui , pas parce qu'il volait, mais parce qu'il était un médecin tenace et consciencieux. Il cherchait des maladies. Il trouvait tout le temps des gars empoisonnés par le plomb. En 1975, une juge de la cour supérieure, Réjeanne Colas, lui a dit: ''Les gars ont du plomb dans le corps, mais moi, je ne suis pas là pour faire respecter la loi sur la santé et la sécurité dans les usines.''

 

Extrait 11: Les certificats médicaux des médecins de la province de Québec, c'est l'équivalent des certificats d'un embaumeur ou d'un gars de corbillard: le patient a perdu le souffle et le coeur a cessé de battre. La santé, la sécurité au travail, une priorité au même titre que l'appui aux travailleurs en grève. Ca veut dire que n'importe lequel d'entre vous est mieux placé que le médecin ou l'ingénieur où vous travaillez pour savoir quelle maladie vous pouvez avoir ou en connaître les inconvénients et les symptômes. Maintenant, il va falloir replacer notre fierté à la bonne place. Commencer par voir à rester en santé , veiller à notre intégrité physique, ne pas se laisser mutiler, ni les yeux, ni les oreilles , la gorge, les reins, le foie, la rate ni nulle part. Il faudrait qu'on s'y mette sérieusement. Autrement on va se faire jouer une patte. Ils vont s'arranger pour avoir l'air scientifique.

 

Extrait 12: Le travail est nécéssaire à l'être humain, mais actuellement, il n'est pas concu pour permettre le plein épanouissement des employés. Au contraire, on les abrutit, on les mutile, on les empoisonne.

 

Extrait 13: Le test pour savoir quelle est notre force morale, c'est de voir si on est capable  de faire respecter notre peau. Le PQ qu'il ne me fasse pas suer. Il laisse massacrer les travailleurs de la province de Québec. Ce n'est pas vrai qu'il veut les libérer. On a toute les preuves qu'il les laisse massacrer. Aussi allègrement qu'avant.

 

Extrait 14: La CSN a fait venir des experts du monde entier. Les médecins du Mont Sinai sont venus examiner les travailleurs de l'amiante. Les médecins de la province de Québec , à la commission des accidents du travail , ont déchiré ces rapports-là.

En 1972, 1973, 1974, ils trouvaient 75 à 80 mineurs par année qui devaient sortir des mines. Après la grève , ils en ont trouvé 350. Il y en a un qui est mort, Henri Lessard. (......) ils lui ont dit qu'il avait le cancer mais que ca ne dépendait pas de l'amiante. Il a travaillé dans la mine une partie de sa vie. L'autopsie a révélée que son cancer avait été causé par l'amiante. Le même comité de médecins spécialistes de la Commission des accidents du travail a accordé la compensation des amiantosés à sa veuve après avoir dit que le cancer n'était pas causé par l'amiante.

 

Extrait 15: Mets un paquet de piasses dans une forêt et ca mènera pas la pitoune au bord du chemin. Mets un paquet de piasse dans une mine et ca ne te donnera pas de cuivre. Ce ne sont pas les propriétaires d'entreprises qui coupent les arbres et qui creusent les mines, ce sont les travailleurs! Si ce n'était pas de leur bras et de leur sueurs, on n'aurait rien! Pourtant, on continue à les traiter comme des chiens. On les fait travailler comme des damnés puis, on les renvoies quand on en n'a plus besoin. Penses-tu que c'a du bon sens des gars qui perdent leur jobs à 40 ans après avoir travaillé depuis l'âge de 14 ans? L'autre jour (...) on a examiné le cas d'un mineur qui travaillait comme un forcené depuis une dizaine d'années. Les maladies qu'il a maintenant, je gage que ca dépend de lui? S'il a mal aux bras c'est parce qu'il s'est crossé de travers, je suppose?  Pis s'il a mal aux poumons, c'est parce qu'il s'est endormi après avoir baisé et qu'il n'a pas pris le temps de se couvrir? C'est écoeurant les maladies industrielles, c'est écoeurant!  Moi, j'suis scandalisé!  Je suis humilié de voir que , dans mon pays, y a encore des gens qui se font massacrer pour ensuite être mis au chômage. Ca n'a pas sa raison d'être ca! C'est une totale aberration!

 

Extrait 16: Ce n'est pas en en tuant deux ou  trois qu'on va en venir à bout, il faut une révolution complète. Le mouvement ouvrier doit se politiser toujours davantage et le peuple va finir par prendre le pouvoir.

 

Extrait 17: Une révolution, c'est un changement radical de la société. Changer le capitalisme pour instaurer le socialisme ,c'est une révolution: alors moi, je suis révolutionnaire. Je suis donc prêt en ce sens , à collaborer avec tous ceux qui appellent comme moi un changement.

 

Extrait 18: Le socialisme, c'est le respect de la personne humaine.

 

Extrait 19: Si un petit peuple veut survivre et s'épanouir, il lui faut opter pour le socialisme. Même Pierre Trudeau disait ca avant qu'il s'en aille faire le messie à Ottawa.

 

Extrait 20: Ce qu'il faut c'est la révolution: détruire le système capitaliste et réorganiser l'économie en fonction des besoins du peuple.

 

Extrait 21: Si on est capable d'accepter ca allègrement, on est capable d'accepter que nos compagnons et nos compagnes travaillent dans des conditions épouvantables et on est capables  d'accepter de rester dans la marde pour longtemps. Ou bien on va sortir ensemble ou bien on va mourir et pourir ensemble. Nos enfants vont être prêts à être des robots satisfaits  et notre symbole va être le papier de toilette fleuri et parfumé et ceux qui sont plus haut auront des machins qui font de la musique quand ils tirent le papier pour chier en harmonie.

 

Extrait 22: Robin des Bois a lutté contre le Duc de Nottingham pour que le peuple retrouve l'usage de la forêt de Sherwood. Et bien, s'il faut revenir à l'époque de Robin Hood, nous y reviendrons.

 

Extrait 23: Un capitaliste , du Québec ou d'ailleurs, ne connaît qu'une seule vérité: le profit. Le bien-être de ses compatriotes passe  après.

 

Extrait 24: La magistrature, l'appareil judiciaire sont l'appendice du capitalisme et du gouvernement, c'est aussi simple que ca. C'est corrompu de haut en bas.

 

Extrait 25: J'ai fini. On va aller marcher  pacifiquement. Marcher pacifiquement , ca veut dire qu'on élève une protestation personnelle, à partir du coeur puis de l'esprit et la volonté d'être solidaires de tous les citoyens de notre pays même si nos gouvernements sont des vendus, des guenilles puis des lâches...

 

Extrait 26: La justice au Québec, c'est une farce extraordinaire, une farce macabre dans l'ensemble. Le barreau n'a jamais eu le coeur de prendre ses responsabilités sociales. La magistrature a toujours pris son trou parce que là-dedans , il y a d'anciens passeurs de'' télégraphes'' ,d'anciens voleurs d'élections et d'anciens concubineurs avec la pègre.

 

Extrait 27: Si on tuait un ministre du travail chaque fois qu'un ouvrier perd la vie sur un chantier, par négligence criminelle, on m'en devrait quelques-uns...

 

Extraits 28: Les lois qui sont supposées être convenables et pour lesquelles on s'est battu, la loi des accidents du travail, ca ne veut rien dire. On attend les prestations pendant trois ou six mois et ils essaient encore de les couper.

 

 

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